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Écrit par
Max

[Test] Electroplankton

Vendredi 14 juillet 2006 à 20:15 | Dans la catégorie Test


Electroplankton est la dernière création de Toshio Iwai. Insistons d’emblée sur le terme “création”, puisqu’il s’agit d’une expérience proche de l’art moderne new age plutôt que d’un véritable jeu. Ce soft ne laissera personne indifférent tant son concept est déroutant: on adore ou on déteste! En tant que musicien, j’étais assez impatient de m’y essayer, dans la mesure où les screens et vidéos dévoilés sur le net ces derniers temps laissaient planer un parfum de mystère très attirant dans l’air. Pour résumer brièvement le concept, Electroplankton est un logiciel de création musicale éphémère. Pourquoi éphémère me direz-vous? Tout simplement parce qu’il est impossible d’enregistrer vos performances sur la cartouche - d’où le rapport avec le plancton justement! A chaque fois que vous changez de décor, ou que vous éteignez la console, vous dîtes adieu à ce que vous venez de créer. Premier constat donc: chaque partie est différentes des autres. Maintenant, que se passe-t-il concrètement durant ces parties? Vous avez simplement deux choix possibles au démarrage. D’une part, le mode création, dans lequel vous allez intéragir via le stylet, la voix ou les touches avec l’une des dix espèces de planctons proposées; d’autre part, le mode concert, qui, comme son nom l’indique, va aléatoirement choisir un Electroplankton et le faire jouer devant vous. Ce second mode laisse une place très réduite à l’intéraction, mais il vous donnera un aperçu de ce qu’il est possible d’obtenir.



Les possibilités offertes par les Electroplankton du mode création sont très larges; difficile de s’y retrouver durant les premières parties. J’ai été obligé de passer par le livret pour comprendre le fonctionnement du jeu. L’action se déroule donc sur l’écran tactile, l’écran du haut étant réserver à la vue rapprochée de l’action en cours. Dans l’absolu, tout est très simple: vous touchez les créatures avec le stylet pour générer des notes de musique et des bruitages. Vous pouvez d’autre part changer les musiques de fonds et les rythmes, augmenter les tempos, ou lancer des ondes avec la croix de direction, afin de boulverser d’un coup toute la scène. Les boutons select et A peuvent aussi affecter certaines espèces, et bien entendu le micro est largement mis à contribution dans quelques segments.



La plupart du temps, on se contentera d’observer les réactions provoquées par quelques pressions sur l’écran tactile, sans réel but. Les Electroplanktons s’affolent, bougent dans tous les coins, mais au-delà de l’aspect poétique qui ne retiendra qu’une poignée de gens, difficile de se sentir concerné. Par contre, les sections qui bénéficient du micro sont tout de suite plus motivantes. Ainsi, Rec Rec fait office de sampler 4 voies. On choisit un rythme, puis on s’enregistre sur chacun des 4 poissons qui défilent. A nous les harmonies vocales façons Beach Boys! Il est également possible d’accélerer le tempo, ce qui a pour effet d’augmenter ou réduire la hauteur des sons: plutôt rigolo! Idem pour Volvoice, sauf qu’il ne s’agit que d’une seule piste, mais sur laquelle on peut mettre des effets assez délirants. Pour les connaisseurs, ça va du vocoder au pitch shifter, en passant par la reverb, la distortion ou encore le ring modulator. On retiendra aussi Hanenbow (intéraction entre une plante aquatique et des petits poissons volants) et surtout Luminaria. Celui-ci m’a assez fasciné, puisqu’il permet d’élaborer des mélodies façon B.O. de film très facilement.



Pour revenir à des choses plus concrètes dans cet océan de féérie, abordons l’aspect technique. Les graphismes tout d’abord, qui bien que très basiques dégagent une impression organique très classe. Ca bouge bien, et on a vraiment la sensation que ces petites bestioles sont réelles. Un bon point, d’autant que leur design est particulièrement réussi et attachant. Maintenant, là où j’émets une réserve, c’est sur le plan sonore. Les bruitages sont certes de qualité, mais on sent très rapidement les limites des capacités du support lorsque l’on commence à sampler. La compression audio et les effets sont très moyens, ce qui a vite fait de rendre le tout rapidement brouillon. Il faudra veiller à utiliser le soft dans un endroit calme, et à ne pas trop s’approcher du micro, sinon gare aux bruits parasites! Enfin, il y a dans la prise en main un côté chaotique étrange, qui permettra aux non-musiciens de créer des mélodies facilement, mais qui rebutera assurément ceux qui pratique la musique. On se dit au final qu’un logiciel approprié peut faire la même chose en “vrai”, d’autant qu’il n’est pas vraiment envisageable d’utiliser directement la sortie casque de la DS Lite, étant donné le souffle qu’elle va générer à haut volume.



Electroplankton est donc une aventure musicale riche en sensations; un véritable spectacle son et lumière dans votre poche! On regrettera cependant l’absence de quelques fonctions qui auraient pu en faire un titre incontournable pour les mélomanes avertis, ainsi q’un prix bien trop élevé pour une expérience à la durée de vie théorique illimitée, mais terriblement restreinte dans les faits. Gageons tout de même que certains artistes de la scène contemporaine ou electro (justement!) sauront mettre les Electroplanktons au cœur d’une intervention scénique que l’on imagine déjà comme mémorable…

Graphisme: 8/10
Musique: Ca dépend de vous! 8/10 pour les sons
Jouabilité: 9/10
Durée de vie: Infinie si seulement vous accrochez…
Note totale: Impossible à chiffrer; à essayer avant d’acheter.

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